Cloudflare ajoute des signaux de contenu pour limiter l'entraînement de l'IA

Author auto-post.io
25/10/2025
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Cloudflare ajoute des signaux de contenu pour limiter l'entraînement de l'IA

Cloudflare a introduit un nouveau mécanisme permettant aux propriétaires de sites web d’exprimer comment leur contenu peut être utilisé par les systèmes d’IA, en ajoutant une extension formalisée au cadre existant de robots.txt. La Content Signals Policy, annoncée le 24 septembre 2025, offre aux opérateurs de sites un vocabulaire simple pour indiquer si les pages peuvent être incluses dans les index de recherche, utilisées comme entrée pour des réponses IA en temps réel, ou utilisées pour entraîner des modèles d’apprentissage automatique.

Cette initiative intervient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant le scraping massif du web et l’économie de l’entraînement des IA. Elle s’accompagne d’outils, d’un cadre juridique et d’idées de monétisation expérimentales destinées à donner plus de contrôle aux créateurs. Cloudflare présente ce changement comme une réponse pratique et multi-niveaux, et non comme une solution miracle unique.

Ce que signifie le vocabulaire Content Signals

La Content Signals Policy définit trois signaux distincts : search, ai‑input et ai‑train. Le signal search concerne la création d’un index de recherche ou le retour de liens et d’extraits courts, et n’est explicitement pas destiné aux résumés générés par IA. Le signal ai‑input fait référence à l’utilisation du contenu comme entrée pour des réponses IA en temps réel ou pour la génération augmentée par récupération. Le signal ai‑train concerne l’utilisation du contenu pour entraîner ou ajuster des modèles.

Ces signaux visent à clarifier les différents usages en aval du contenu collecté. En séparant les cas d’usage de recherche, d’inférence et d’entraînement, Cloudflare offre aux éditeurs une manière plus granulaire d’autoriser certains types d’accès automatisé tout en en refusant d’autres, plutôt qu’une approche binaire autoriser/bloquer de robots.txt.

Il est important de noter que Cloudflare précise qu’un signal manquant est neutre, ce qui signifie que l’absence de directive explicite ne confère ni permission ni interdiction. Les propriétaires de sites doivent donc s’exprimer explicitement pour indiquer leur préférence.

Déploiement et paramètres par défaut pour des millions de domaines

Cloudflare prévoit un déploiement géré à grande échelle : l’entreprise mettra à jour son robots.txt géré pour plus de 3,8 millions de domaines afin d’inclure les Content Signals. Là où l’entraînement était auparavant bloqué, Cloudflare définira Content-Signal : search=yes, ai-train=no par défaut ; le signal ai‑input est intentionnellement laissé neutre dans la configuration par défaut.

Le paramètre par défaut vise à équilibrer la découvrabilité et la protection : permettre l’indexation de recherche classique tout en interdisant l’entraînement de modèles, sauf si l’éditeur l’autorise explicitement. Cloudflare a également publié des options en un clic et de la documentation pour que les administrateurs puissent modifier rapidement les paramètres.

Les premiers indicateurs d’adoption rapportés par Cloudflare montrent une adoption substantielle : son blocage des bots en un clic a dépassé un million de sites et des rapports ultérieurs ont cité plus de deux millions et demi de sites ayant choisi des mesures interdisant l’entraînement d’IA ou activant le blocage et les contrôles gérés.

Cadre juridique et ambitions de standardisation

Cloudflare a publié la Content Signals Policy sous licence CC0 et inclus un langage juridique explicite pour renforcer les droits des éditeurs. Le texte de la politique présente les restrictions exprimées via les signaux comme une réserve de droits au titre de l’Article 4 de la Directive UE 2019/790, qui concerne les exceptions de fouille de textes et de données et les droits associés. Ce cadre vise à faire des signaux une déclaration légale d’intention, et non simplement une directive polie à destination des bots.

Au-delà de la dimension juridique, Cloudflare pousse des outils et des textes types pour encourager l’adoption et a suggéré cette approche aux organismes de normalisation. L’entreprise est également transparente sur les sources primaires et encourage l’interopérabilité, publiant du code et un hub ContentSignals.org pour aider les opérateurs de sites.

Néanmoins, l’efficacité des signaux dépendra de l’adoption par l’industrie, des réponses réglementaires et de la jurisprudence à venir. Les observateurs notent que la force juridique repose sur le suivi, l’application et la manière dont les tribunaux traiteront ces signaux comme des licences contraignantes ou des déclarations contractuelles en cas de litige.

Compléments techniques : application, pay‑per‑crawl et WAF

Cloudflare souligne que les content signals sont des préférences plutôt que des mesures d’application absolues. L’entreprise rappelle à plusieurs reprises que les crawlers peuvent ignorer les signaux, donc ceux-ci doivent être associés à des contrôles techniques tels que des règles WAF, la gestion des bots, la limitation de débit et d’autres défenses pour bloquer ou ralentir les crawlers non conformes.

Pour offrir une option transactionnelle aux éditeurs, Cloudflare a introduit un système expérimental de pay‑per‑crawl baptisé Content Independence Day en bêta privée le 1er juillet 2025. L’idée est simple : les sites peuvent Autoriser, Facturer ou Bloquer différents crawlers. En cas de facturation, Cloudflare peut renvoyer des réponses HTTP 402 Payment Required avec des en-têtes structurés indiquant le prix du domaine et les exigences d’authentification.

La mécanique du pay‑per‑crawl inclut une vérification cryptographique et des champs d’en-tête tels que signature‑agent et signature‑input, utilisant des clés publiques Ed25519 hébergées dans un annuaire pour que les crawlers enregistrés puissent s’authentifier et indiquer leur intention de payer. Cloudflare précise qu’il peut agir en tant que marchand officiel pour les transactions durant la bêta privée.

Pourquoi Cloudflare a agi : les données sur le crawling IA

Les analyses Radar de Cloudflare montrent que le crawling à des fins d’entraînement domine déjà le crawling IA sur le web ouvert, représentant environ 80 % du trafic des crawlers IA récemment. Ce chiffre est passé d’environ 72 % un an plus tôt à environ 79,82 % dans les échantillons de 2025, soulignant que l’entraînement est le principal moteur de l’activité de scraping.

Cloudflare a également mis en avant des déséquilibres spectaculaires entre crawling et referrals pour illustrer l’économie : des exemples de juillet 2025 incluent Anthropic avec environ 38 066 crawls par referral, OpenAI autour de 1 091:1 et Perplexity environ 195:1. Ces ratios illustrent combien de pages sont aspirées pour chaque retour utilisateur, concentrant les bénéfices loin des éditeurs d’origine.

Cloudflare a averti que la croissance du trafic des bots s’accélère et prévoit que les bots pourraient dépasser le trafic humain d’ici la fin 2029, avec une activité totale des bots potentiellement supérieure au trafic Internet actuel d’ici 2031. Ces tendances font partie de la justification pour un signalement renforcé et des expérimentations de monétisation.

Réaction de l’industrie et adoption précoce

Plusieurs grands éditeurs et plateformes se sont publiquement alignés sur l’approche à permissions de Cloudflare lors du déploiement du pay‑per‑crawl. Les participants et soutiens précoces rapportés incluent Condé Nast, TIME, The Associated Press, The Atlantic, Stack Overflow et Quora, entre autres, signalant l’appétit des éditeurs pour plus de contrôle ou des mécanismes de compensation.

Des reportages et analyses indépendants ont utilisé les jeux de données de Cloudflare pour alimenter les débats sur l’économie du crawl vs du clic et sur la réussite potentielle du pay‑per‑crawl. Certains analystes ont soutenu que l’approche pourrait rééquilibrer la valeur, tandis que d’autres ont mis en garde contre la fragmentation et le risque d’adoption inégale dans l’industrie.

La licence CC0 et la chaîne d’outils de Cloudflare visent à réduire les frictions pour l’adoption, mais la portée finale dépendra du respect des signaux par les grandes entreprises d’IA ou de leur accord à des schémas de paiement, et de la généralisation de l’activation de ces options par les éditeurs.

Contournement, défis d’application et conseils pratiques

Cloudflare a documenté des cas réels de contournement, y compris des cas où des opérateurs ont utilisé des crawlers non déclarés ou furtifs pour contourner les directives no‑crawl. Perplexity a été cité dans des publications de suivi comme exemple de trafic ayant tenté d’éviter les normes de crawling déclarées, illustrant que les acteurs déterminés adapteront leurs tactiques pour contourner les signaux.

Puisque les signaux peuvent être ignorés, Cloudflare recommande de les combiner avec des règles WAF, la gestion des bots, la limitation de débit et l’authentification lorsque c’est possible. La documentation inclut des exemples de robots.txt gérés, la syntaxe exacte des commentaires que le service géré servira, et des instructions pas à pas pour que les propriétaires de sites puissent se désinscrire ou définir des paramètres par défaut.

Les opérateurs de sites devraient également envisager de surveiller les schémas de trafic via des outils d’analytique et Cloudflare Radar, de maintenir des limites de débit et d’exiger un accès API authentifié pour les consommateurs automatisés à fort volume. Ces couches rendent le contournement plus difficile et fournissent des signaux d’investigation pour des retraits ou actions légales si nécessaire.

Questions ouvertes, risques et implications politiques

Des analystes et journalistes ont soulevé des questions ouvertes sur cette approche. Les critiques notent que les acteurs malveillants peuvent simplement ignorer robots.txt et les content signals, que certains bots pourraient éviter de récupérer robots.txt pour ne pas voir les conditions, et que la monétisation de l’accès pourrait fragmenter le web ouvert en silos payants et gratuits.

Il existe aussi des conséquences inattendues possibles pour les archives, la recherche et les services de recherche qui dépendent d’un crawling large. Si l’accès devient cloisonné par des paywalls ou des blocages techniques, l’écosystème d’outils dépendant d’un crawling exhaustif pourrait en pâtir, avec des impacts en aval sur la découverte, la recherche et les archives d’intérêt public.

Des experts juridiques soulignent que si la réserve de droits de Cloudflare au titre du droit européen renforce la position d’un éditeur, l’efficacité à long terme dépendra des normes de l’industrie, de la capacité d’application, des interventions réglementaires et de la manière dont les organismes de normalisation et les tribunaux traiteront ces signaux.

Cloudflare Content Signals représente une réponse pragmatique et multi-outils à un problème croissant : les crawls massifs d’entraînement IA qui extraient de la valeur du contenu des éditeurs sans cadre clair de compensation ou de permission. En offrant aux propriétaires de sites un vocabulaire clair, un cadre juridique et des mécanismes de monétisation optionnels, Cloudflare vise à rééquilibrer le contrôle en faveur des créateurs tout en reconnaissant que l’application technique reste nécessaire.

La politique est loin d’être une réponse définitive. Elle devrait susciter des expérimentations, des litiges et de nouveaux efforts de standardisation. Les propriétaires de sites et les décideurs politiques devraient surveiller de près les schémas d’adoption, les techniques d’application et les évolutions juridiques, et combiner les signaux avec des protections techniques et une surveillance pour protéger le contenu tout en préservant les usages légitimes du web ouvert.

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